Éditions Albin Michel Jeunesse. Dès 3 ans.
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Quand “chez moi” ne parle pas seulement de murs
Il y a des jours où les enfants refusent de dormir ailleurs.
Des jours où ils comparent leur chambre à celle d’un copain.
Des jours où ils demandent pourquoi leur maison n’est pas plus grande, plus moderne, plus “comme chez…”.
Et puis il y a ces moments où l’on comprend que derrière la question de la maison, il y a autre chose.
Il y a le besoin d’appartenance.
Il y a la sécurité affective.
Il y a la place que l’on occupe dans sa famille.
Ma maison, parle de tout cela avec une douceur et une justesse remarquables.
De quoi parle le livre ?
Archibald raconte sa maison.
Il commence par évoquer sa toute première maison : le ventre de sa maman.
Puis il décrit la maison où il vit avec ses parents et sa petite sœur.
Il parle de ce qu’il aime. Les moments où elle est pleine de vie, et ceux où elle est calme et protégée du monde extérieur.
Il visite aussi les maisons de ses amis. Certaines sont très grandes, d’autres atypiques, certaines décorées différemment.
Et pourtant, au fil des pages, une évidence s’installe :
sa maison n’est pas “la plus belle” ou “la plus impressionnante”.
C’est celle où sont les siens.
Et cela suffit.
Ce que ce livre travaille en profondeur
- La sécurité affective.
Le parallèle entre le ventre maternel et la maison familiale est puissant.
Il rappelle subtilement que la maison, ce n’est pas seulement un lieu.
C’est un espace de protection.
Pour un enfant, “chez moi” signifie souvent
– là où je suis en sécurité
– là où je peux être moi
– là où l’on m’aime sans condition
C’est un excellent support pour parler d’attachement sans jamais employer de mots techniques.
À partir de 4–5 ans, les comparaisons commencent.
“Chez Paul il y a une piscine.”
“Pourquoi nous on n’a pas un jardin ?” - La comparaison sociale (et le sentiment de manque)
Ce livre aborde cela avec finesse : Archibald observe les différences sans les hiérarchiser.
Le message implicite est très fort. La valeur d’une maison ne se mesure pas à sa taille.
Pour les parents, c’est une ressource précieuse pour désamorcer les frustrations liées au matériel. - La notion d’appartenance
La maison devient symbole de lien.
Elle est l’endroit où l’on revient, où l’on se retrouve.
Dans un contexte de séparation parentale, de déménagement, ou de garde alternée, ce livre peut être particulièrement soutenant.
Il permet d’introduire une idée essentielle :
Ce n’est pas l’adresse qui fait “chez soi”.
C’est la relation.
Ce que j’aime particulièrement
Le texte simple mais profond d’Astrid Desbordes.
Les illustrations douces et lumineuses de Pauline Martin.
L’absence totale de morale lourde.
La diversité des habitats présentés, sans jugement.
On n’est pas dans le discours éducatif appuyé.
On est dans l’expérience sensible.
Et ça, pour moi, c’est la force des bons albums jeunesse.
Comment l’utiliser à la maison ?
Quelques questions simples à poser après la lecture :
- “Qu’est-ce que tu préfères dans notre maison ?”
- “Comment tu te sens quand tu rentres chez nous ?”
- “Est-ce qu’on peut se sentir chez soi ailleurs ?”
Ces questions ouvrent des discussions riches sans forcer.
Moment idéal pour le lire
Avant un déménagement.
Lors d’un changement familial.
Après une comparaison avec un copain.
Ou tout simplement au coucher, quand la notion de sécurité est centrale.
Petite activité complémentaire
Proposer à l’enfant de dessiner “sa maison idéale”.
Pas pour parler de ce qu’il n’a pas.
Mais pour voir ce qu’il associe au mot “chez moi”.
Les réponses surprennent souvent.
Pour quels parents je le recommande particulièrement ?
Ceux dont l’enfant compare beaucoup.
Ceux qui traversent un changement de lieu de vie.
Ceux qui veulent renforcer le sentiment d’appartenance.
Ceux qui souhaitent parler d’attachement avec délicatesse.
En résumé
Ma maison est un album doux, accessible dès 3 ans, mais profondément symbolique.
Il rappelle quelque chose d’essentiel :
Un enfant n’a pas besoin d’une maison parfaite.
Il a besoin d’un lieu où il se sent attendu, reconnu, et aimé.
Et parfois, lire cela ensemble permet aussi aux parents de se le rappeler.
Et toi, quel livre me conseillerais-tu ?
Viens m’en parler sur Instagram @julie.parentpls !


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